Ici, vous trouverez :
-Mes témoignages sur "Blackwings, tome 1 : Le pouvoir de l'esprit" (Chloé Garcia, éditrice de Cordes de lune Éditions) ;
-Interview sur l'auteur (Kevin Martinez, Association Elkir).
TÉMOIGNAGES SUR
"BLACKWINGS, tome 1 : Le pouvoir de l'esprit"
par Chloé Garcia, éditrice de Cordes de lune Éditions
(avril 2026)
1. Qu’est-ce qui t’a inspiré la création du personnage de William Heller, si différent et marginal dès l’enfance ?
Moi-même (XD). Petit, je détestais me mélanger aux autres enfants et je m’isolais (à la bibliothèque, au fond de la cour de récré et même sous des tables). Si j’ai fini par m’ouvrir aux autres, je me suis toujours senti très différent, pas à ma place dans ce monde… Les randonnées (montagne), les dojos (arts martiaux) et les salons (littérature) renversent la donne 😊
À la base, « Blackwings » est une sorte de journal intime. J’écrivais mes ressentis, mes réflexions, mes espoirs, mes doutes… Les notes étaient si conséquentes qu’elles devenaient un récit. J’y ai incorporé de plus en plus de parties fictives et une véritable histoire est née. Jusqu’au jour où un ami a voulu écrire sa propre histoire ; quand on a décidé de faire rencontrer nos personnages (crossover), on a su qu’on était en train d’écrire un roman à part entière.
2. Pourquoi avoir choisi de faire de la différence et du rejet social des éléments centraux de ton héros ?
Déjà, parce que cela me parle personnellement. Ensuite, parce que la différence représente souvent une force. Au final, le Vilain Petit Canard n’est-il pas devenu un magnifique cygne ? En commençant par la difficulté d’insertion sociale, je voulais que mon héros puisse remonter vers la lumière avec une conscience que ceux intégrés n’ont que rarement. Cela me sert à démontrer qu’il faut du courage pour s’affirmer dans un monde qui ne nous est pas adapté, et que garder la foi envers nous-mêmes représente un combat quotidien qui en vaut la chandelle.
3. Quelle est l’importance de la relation entre William et son frère Leon dans la construction du récit ?
Ils sont dizygotes (faux jumeaux). Séparés de leurs parents, ils ont connu l’orphelinat, une adoption laborieuse et la fugue. En vivant un temps dans la rue durant leur adolescence et en subissant différents calvaires ensemble, ils sont devenus inséparables et les seuls qui se comprennent autant l’un et l’autre.
Toutefois, à première vue, ils sont de parfaits opposés : William a une vision sombre du monde et peut se montrer violent, tandis que Leon essaye de voir le meilleur et se réfugie dans l’humour.
Quoiqu’il en soit, leur amour est inébranlable. C’est justement cela qui forcera William à parcourir le globe et à tout faire pour devenir meilleur ; non pas pour lui-même ni pour le monde, mais pour son frère. Au lieu d’une histoire d’amour habituel (couple), je voulais commencer par l’amour fraternel (une force incroyable que j’ai la chance de connaître).
4. William oscille constamment entre lumière et obscurité : est-ce une métaphore volontaire de la nature humaine ?
L’humain est la créature la plus nuancée sur Terre. Et tellement de choses nous façonnent ! L’éducation parentale, notre environnement, les valeurs transmises ou acquises, l’humeur… Personne n’est parfait et nous avons autant la Lumière que les Ténèbres en nous. À différents moments de notre vie, nous penchons plus vers l’une ou vers l’autre. Une simple pensée négative peut mener à une mauvaise action et provoquer d’énormes dégâts. La lutte principale dans notre existence se déroule en nous-mêmes. Cela est très clairement retranscrit dans la personnalité de William. Grâce à ses nombreuses introspections, je souhaite emmener les lecteurs à réfléchir sur eux-mêmes et sur le monde qui les entoure.
5. Comment as-tu travaillé la notion de colère comme source de pouvoir dans ton histoire ?
Tout simplement parce que c’était l’un de mes plus gros défauts. J’étais une véritable bombe à retardement ! Même si je demeure plutôt sanguin, j’ai effectué beaucoup de travail sur moi-même (développement personnel, stage de méditation bouddhiste, recherches psychologiques, formation dans la gestion des émotions, et puis j’ai appris de mes erreurs). Détestant faire du mal aux innocents et à ceux que j’aime, il était indispensable que je parvienne à contrôler mes actions et mes mots. Alors, j’ai cherché à comprendre d’où cela provenait pour traiter le problème à la source. Il en est de même avec mon protagoniste. Son cheminement est un peu comme le mien, et si cette lecture peut ouvrir les yeux à des gens et les aider à se reprendre en main, j’en serai heureux. La colère, c’est vraiment quelque chose de néfaste et de pitoyable. On peut s’indigner et se révolter, mais en conservant son sang-froid. Les arts martiaux m’aident à rester discipliné et à respecter un code moral. Raison pour laquelle William est un pratiquant. Sans cela, qui sait où sa colère le mènerait… (On le découvrira dans le tome 2 !)
6. Le concept de “Blackwings” représente-t-il une double identité ou une transformation intérieure plus profonde ?
Cela reprend un peu mes dires dans la question sur l’oscillation entre lumière et obscurité. À partir du moment qu’on est tous ange et démon à la fois, nous revêtons plusieurs visages. Avouons que nous ne sommes pas à cent pour cent les mêmes lorsque nous sommes au travail, dans la famille, entre amis, en couple et seul. Dans le récit, cela est exacerbé pour pointer les masques du doigt. Il s’agit donc d’une double identité, entre Dr. Jekyll / Mr. Hyde et Clark Kent / Superman (serait-ce une double double identité ? XD).
Le récit offre cette réflexion : Peut-on être un ange aux ailes noires, et si oui, comment vivre avec ça ?
7. Pourquoi avoir introduit l’idée d’un “William du futur” qui guide le personnage principal ?
On est souvent hanté par le passé, ce qui n’est pas pour aider William, alors j’ai trouvé intéressant que son futur, encore inconnu, vienne « frapper à sa porte » et lui dise de mieux agir s’il ne veut pas rester malheureux toute sa vie, ni faire du mal aux autres, notamment à ceux qu’il aime. Le futur étant incertain pour chacun de nous, il est légitime pour William de se poser ces questions : Puis-je lui faire confiance ? Jusqu’à quel degré ? Va-t-il me trahir ou, si je ne l’écoute pas, vais-je me trahir moi-même ?
8. Le thème du destin semble omniprésent : selon toi, William est-il libre de ses choix ou prisonnier de son rôle d’Élu ?
William est libre de ses choix. Il a reçu des dons sans aucune obligation (même si son statut représente un devoir, à lui de choisir de le respecter ou de le renier). Dieu donne, il n’est pas censé imposer. D’ailleurs, la seule chose que s’impose William, c’est sa morale. Tant mieux, car quelqu’un avec du pouvoir peut être un sauveur comme un destructeur !
Au-delà des lois, qu’il peut lui arriver de contourner, ses choix sont structurés par ses principes. Ce qui prime chez lui, ce sont les valeurs auxquelles ils s’accrochent. Vu de cette façon, il est à la fois libre de choisir ses actes et à la fois contraint de respecter son rôle d’Élu s’il ne veut pas bafouer son code moral. Un véritable dilemme qui résume bien sa psychologie.
9. Les pouvoirs de William sont liés à ses émotions : est-ce une manière de symboliser le contrôle de soi ?
Tout à fait. Nous sommes dépendants de nos émotions. Une mauvaise nouvelle nous fait voir le monde comme notre pire ennemi, alors que lorsque nous sommes amoureux ou que nous bénéficions d’une bonne nouvelle, la vie tout entière devient rose. Pourtant, rien ne change ; ce n’est qu’une question de perception. Et les perceptions varient en fonction de nos émotions. Sans les maîtriser un minimum et sans les accepter pour mieux les comprendre, on peut tous être dans une euphorie illusoire ou une dépression sévère… Le contrôle de soi commence par le contrôle de nos émotions. Si William y parvient, il portera ses pouvoirs à leur plein potentiel. Son statut d’Élu est donc à double tranchant : il peut réaliser de grandes et belles choses, comme tout saccager, dans sa vie, celle des autres, voire le monde tout entier…
10. Comment as-tu construit l’évolution du récit, qui passe d’un cadre réaliste à un univers fantastique et surnaturel ?
Le cadre réaliste vient de mon « journal intime » au collège, puis j’ai voulu agrémenter mes mots par des maux à moitié réels (expériences personnelles) et à moitié fictifs (imagination) pour créer une histoire avec une grande aventure magique.
De plus, Guy de Maupassant, maître du fantastique, est l’auteur de mes premiers coups de cœur littéraires. Il m’a donc beaucoup inspiré.
Enfin, je trouve que partir de notre monde quotidien pour en découvrir un autre permet de mieux se projeter, de mieux ressentir les émotions du protagoniste, à travers lequel on découvre un nouvel univers (narration à la première personne) avec son lot de merveilles et d’horreur.
11. Les “barcass” et autres entités sombres ont une présence très marquante : d’où vient leur inspiration ?
J’aime l’idée de combattre les démons intérieurs avant les êtres infernaux. Ainsi, les entités sombres représentent à la fois l’ennemi extérieur (adversaires physiques) et celui intérieur (notre part obscure).
L’inspiration des barcass remonte à mon enfance. J’ignore si cela vient du fait que nous vivions sur un ancien cimetière, mais j’ai passé une partie de ma jeunesse à voir des « ombres » et subir certains événements étranges. Sans compter les photos de famille, même avant cela, où l’on y voyait tantôt des boules blanches, tantôt des noires. Dans mon récit, ces dernières portent le nom de « barcass ».
12. Quel rôle joue la spiritualité dans ton œuvre, notamment à travers les notions d’Élu, de démons et de forces célestes ?
Il s’agit d’un rôle central. D’ailleurs, le sous-titre est « Le pouvoir de l’esprit ». Dans cette œuvre, on constate que « la plume est plus forte que l’épée ». Les mots et les pensées ont une puissance phénoménale. Raison pour laquelle c’est dans notre mental que l’on doit se forger notre meilleure arme.
Sans un esprit éclairé, l’Élu ne serait qu’un outil, et comme tout outil, son usage dépendrait de son utilisation ; sans se maîtriser, William pourrait être manipulé ou se perdre dans ses propres méandres… Il se situe donc pile entre les forces démoniaques et les forces célestes, deux royaumes qui désirent le compter parmi leurs rangs. Quel choix fera-t-il ? Sera-t-il capable de demeurer dans un camp ? Qu’est-ce que son choix aura comme impact ?
13. Le personnage de Lyria apporte un équilibre différent : que représente-t-elle dans le parcours de William ?
Lyria a déjà vu William dans ses visions. On peut dire qu’elle le connaît depuis bien avant leur rencontre. En revanche, William la découvre. Chaque jour un peu plus. Loin du cliché de la princesse fragile à sauver, Lyria a du caractère, c’est une guerrière qui s’entraîne à la dure depuis plus longtemps que le protagoniste. Elle lui sert donc de guide expérimenté dans son voyage initiatique, mais aussi de boussole émotionnelle. Après tout, chaque Bête a besoin d’une Belle pour se calmer ^^.
Lorsque j’ai commencé à écrire « Blackwings », j’étais à fond dans l’univers des comics Marvel. Mon roman possède des passages très visuels, mais aussi des références à la culture de ces fameuses BD américaines mettant en scène des super-héros. Ainsi, il ne sera pas étonnant de trouver des personnes avec les mêmes initiales pour leur nom et prénom ou des allusions directes comme indirectes. En ce sens, et pour en revenir à ce que je disais plus haut, vu la force physique doublée de la colère de William et la tempérance que lui apporte Lyria, on peut penser à Hulk, toujours fou de rage, mais apaisé par Betty Ross ou Black Widow.
14. Pourquoi avoir choisi de créer plusieurs “élus” plutôt qu’un seul héros unique ?
J’estime qu’un seul Homme ne devrait pas détenir les pleins pouvoirs. Un idéaliste, que ce soit en bien comme en mal, reste un tyran, car de par son pouvoir, il est trop facile (et égoïste) d’imposer sa vision des choses. Blackwings est le berger, mais les autres ne sont pas ses moutons. Il s’agit plutôt d’une meute de loups qui fait face à une horde de démons. William en est l’alpha, pas un loup solitaire (bien qu’il soit comme ça depuis petit à cause de ses différences physiques et comportementales ; encore un sacré challenge pour lui !).
15. L’existence d’élus bons et mauvais introduit une certaine ambiguïté morale : est-ce un choix délibéré ?
Absolument. Après tout, le Bien et le Mal ne représentent qu’un concept humain (cette notion, au même titre que la justice, n’existe pas dans la nature, du moins pas comme l’humain l’entend). Avec ou sans pouvoir, on choisit notre « camp », de manière consciente ou non. De plus, tout est une question de nuances et de choix personnels (par exemple, on peut rejeter la religion et être athée, on peut aussi y croire fermement et être adepte, ou bien on peut l’accepter sans y adhérer et donc être ce que l’on appelle agnostique). Vu ainsi, il aurait été incohérent que les élus (hommes, femmes, jeunes, âgés et de toutes ethnies) de mon histoire soient tous bons sous prétexte qu’ils détiennent leurs dons de Dieu. C’est comme donner une arme à quelqu’un : le détenteur peut choisir de protéger avec ou bien de dominer.
16. L’épée Blackblade (Nigraferrum) semble centrale : que symbolise-t-elle dans ton histoire ?
Une arme magique, c’est la base, mais pourquoi une épée et celle-ci en particulier ? Car ce genre de lame représente tant la guerre que la noblesse, il faut être digne de la porter. Il est également à noter que sa couleur change en fonction de son porteur. Elle est un indice très important sur l’intention de la personne qui la manie. Aussi peut-elle être en désaccord, étant donné qu’elle fait promettre allégeance à son futur détenteur. Qu’adviendrait-il si ce dernier déviait de sa mission ? Cette interrogation installe le doute chez les lecteurs autant que chez William. J’adore l’ambiguïté et le mystère !
Son nom, latin d’origine, démontre qu’elle est ancienne, mais aussi qu’elle était noire, ce qui laisse penser qu’elle a fait couler le sang. Récupérer l’arme d’un meurtrier pour essayer de combattre des démons ? C’est le genre de truc qui me botte !
Celui ou celle qui l’obtiendra aura alors une lourde responsabilité, et une véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête. La Nigraferrum symbolise donc un objet de convoitise par tous les camps, ainsi qu’un artefact magique qui peut se retourner contre son porteur. Autrement dit, un don et une malédiction.
17. Le prix à payer pour obtenir du pouvoir est un thème récurrent : souhaites-tu transmettre un message particulier à travers cela ?
On n’a rien sans rien. Quand c’est offert sur un plateau d’argent, est-ce que nous en sommes dignes et suffisamment conscients de sa valeur ? Le prix à payer pour obtenir du pouvoir est élevé, car il relève de grandes responsabilités. Ceux qui agissent avec parcimonie peuvent s’améliorer dans le respect des autres, mais ceux qui abusent du pouvoir sont tout simplement des salopards. Ainsi, il est difficile de rivaliser avec des individus qui n’hésitent pas à écraser les autres et à sacrifier beaucoup de choses personnelles. L’affrontement entre le Bien et le Mal est disproportionné, mais il faut trouver une solution qui permet d’égaler voire de surmonter le défi sans causer du tort à des innocents, tout en veillant à ne pas y perdre son âme. Que ce soit entre anges et démons ou bien entre humains, le combat est le même.
18. La peur de William, notamment sa phobie de l’eau, joue un rôle important : pourquoi avoir intégré cette faiblesse ?
Le protagoniste me ressemble beaucoup, et on partage cette peur. Je souhaitais que, lui, la ressente à outrance afin qu’il ait sa kryptonite.
Pourquoi l’eau ? Car il a un tempérament de feu. Ainsi, son opposé apparaît comme une faiblesse adéquate. Sous l’eau, plus on se débat, plus on se noie, et puisqu’il a énormément de colère en lui, ce milieu n’est pas compatible à son défaut. Il est du genre à déployer les voiles d’un bateau en pleine tempête, chose qu’il doit apprendre à gérer avant de prétendre réussir quoique ce soit pour le bien des autres. Il a peur de l’eau car, au final, il a peur de lui-même, de son vrai lui, triste derrière sa colère, meurtri derrière son armure.
Pour terminer, j’ajoute que son aquaphobie résulte d’un choc émotionnel, mais je ne peux pas en dire plus ici pour ne pas spoiler les futurs lecteurs.
19. Le mélange entre action, psychologie et poésie (notamment dans les passages écrits par William) est très marqué : est-ce une signature volontaire de ton style ?
Oui !
D’une part, je suis quelqu’un qui s’ennuie vite, alors j’ai besoin d’action, surtout avec l’écriture et la lecture. S’il y a des phases calmes, il faut qu’elles soient très émotionnelles, sinon je m’endors ou veux passer à autre chose…
Le côté psychologique tient toujours une place importante dans mes histoires, car le caractère de mes personnages et les actions qui en découlent prennent source dans leur mental ; il est indispensable de comprendre comment ils fonctionnent pour les rendre crédibles (comme de vraies personnes, nuancées et complexes).
En ce qui concerne les poèmes, je leur rends hommage dans chacun de mes titres. C’est avec eux que ma plume a commencé à verser de l’encre (et des larmes). Ils permettent aussi d’apporter une certaine douceur et de sublimer les ténèbres.
20. Quelle place occupe l’introspection dans ta manière d’écrire ce récit ?
L’introspection tient une place primordiale dans ce récit, que ce soit me concernant (questions sur le monde, sur des concepts, sur moi-même) ou concernant William (qui, même si relatives à ses propres problèmes et à la fiction, se posent les mêmes questions).
21. Ton roman semble poser la question : “Peut-on devenir un monstre en voulant faire le bien ?”. Était-ce une intention de départ ?
Oh que oui ! Je suis un ancien policier ; pour moi, je faisais le Bien, mais aux yeux de certains, j’incarnais le Mal… En fait, on est tous le héros et le vilain de quelqu’un.
En ce qui concerne William, il représentait un monstre aux yeux des autres enfants et même de ses parents adoptifs… Lorsqu’un enfant s’habitue à ça, il finit par y croire… De ce fait, en grandissant, il est resté sur cette image de lui-même. Sans devenir mauvais pour autant, il se considère comme un ange aux ailes noires (tiens donc !). Pourtant, son âme est lumineuse. Ainsi naît la dualité en son for intérieur.
22. Quels sont les principaux thèmes que tu souhaites voir retenus par les lecteurs après ce premier tome ?
Que nous sommes tantôt victimes, tantôt coupables, donc tous responsables. Qu’un combat s’avère plus facile lorsque nous faisons équipe avec des gens de valeur, mais qu’il peut être mené seul à condition d’accepter un gros travail sur soi. Que l’esprit représente un grand pouvoir (c’est lui qui nous freine ou nous élève dans nos projets). Que la colère provient souvent de la peur et de la peine. Que le Bien et le Mal ne représentent qu’un concept ; ce sont nos choix qui importent (« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres »)…
Rah, il y a tellement de messages ! Finalement, j’aimerais que les lecteurs retiennent les thèmes qui leur parlent le plus afin de méditer dessus ^^.
23. L’histoire laisse entrevoir un conflit à grande échelle : avais-tu dès le départ une vision globale de la saga ?
Je savais déjà à peu près où je souhaitais me diriger, mais l’écriture de cette histoire a parcouru les années et, en même temps que moi, a changé. Elle n’a jamais cessé de me surprendre, m’emmenant parfois ailleurs, dans des tournures que je n’avais pas prévues !
Effectivement, le conflit est supérieur à celui que s’imaginent les lecteurs en premier lieu. Pour rester vague, disons que la mission principale de William est loin d’être la conclusion.
24. Enfin, si tu devais résumer le message de "Blackwings, tome 1" en une seule idée, quelle serait-elle ?
Le Yin et le Yang nous habitent tous ; si on ne recherche pas l’équilibre, une partie sera davantage nourrie que l’autre et nous ne pourrons pas nous épanouir.
Le message principal (car il y en a plein) est le suivant : il faut prendre soin de soi avant d’essayer d’aider les autres, et ne pas oublier que l’espoir nait du désespoir, que les étoiles naissent du chaos ; tomber, se relever, recommencer, changer de voie si nécessaire, puis évoluer, pour son bien et celui des autres.
En un mot : harmonie.
INTERVIEW
par l'ASSOCIATION ELKIR
suite au TGS LABEGE (mai 2023)
Pouvez-vous nous parler un peu de vous-même et de votre parcours en tant qu’auteur ?
Bonjour. Je m’appelle Kevin Delavy , je réside dans le 31, limitrophe au 81.
Tout commença dès le collège, où je me suis amouraché des nouvelles et des poèmes. Ce sont d’ailleurs mes premiers écrits. J’ai ensuite dégainé la plume en créant un personnage qui me tient à cœur : Blackwings. Cet ange aux ailes noires me ressemble beaucoup ; à la base, je notais des ressentis, des idées, qui sont devenus des passages, puis des chapitres. L’objectif d’écrire un roman a ensuite coulé de source. Mon passe-temps s’est alors transformé en véritable passion, et ce premier roman s’est développé en une trilogie d’environ 900 pages.
Hormis les poèmes que je composais pour mes compagnes, je partageais peu mes écrits. Jusqu’au jour où une ancienne collègue de travail m’a proposé d’envoyer mon manuscrit à sa maison d’éditions. Je n’ai pas été retenu par cette dernière à cause du genre littéraire qui ne correspondait pas, mais cela m’avait motivé et j’ai « postulé » un peu partout. J’ai eu plusieurs retours, choisi une maison d’éditions, tenté l’expérience, ravi de sortir mon premier livre.
Depuis, je ne cesse d’écrire.
Quelles ont été vos principales sources d'inspiration pour écrire vos livres ?
Je m’inspire souvent de mon vécu, de mes expériences ou celles des autres, de ce que je vois, entends, observe.
Mes ressentis, mes sentiments enfouies et mes rêves ont aussi un rôle important.
Et puis, il y a mon imagination débordante XD
Comment décririez-vous votre style d'écriture et qu'est-ce qui le rend unique ?
Mon style peut varier d’une histoire à l’autre (voire au sein de la même histoire suivant l’ambiance ou l’état psychologique des personnages).
Toutefois, j’utilise souvent mes émotions pour parler tant à l’esprit des gens qu’à leur cœur.
Je peux jongler entre le « cru » et le poétique, la sensibilité et la dénonciation.
Est-ce unique ? Je ne pense pas. Quoi qu’il en soit, je ne m’impose que peu de codes, car je prône la liberté d’expression et l’appel à la réflexion.
Quels sont les thèmes récurrents dans vos œuvres et pourquoi avez-vous choisi de les explorer ?
J’aime me plonger dans un univers plutôt sombre, exploiter les « ténèbres » pour mieux chercher la lumière. N’est-ce pas du chaos que naissent les étoiles ?
Je parle souvent de dualité, mais aussi de complémentarité. On oppose souvent beaucoup de choses, alors qu’ils suffiraient de savourer chaque part pour obtenir quelque chose d’harmonieux. C’est peut-être mon côté gémeaux qui parle lol
Que ce soit en fantasy, en SF, en thriller… Ce que je souhaite, c’est divertir tout en faisant réfléchir. De ce fait, je peux mentionner des choses de notre quotidien, des questions que l’on se pose tous à un moment de notre vie. Le but, c’est d’évoluer, et ça passe souvent par des moments difficiles, dans lesquels nous devons nous remettre en question pour assimiler la leçon et grandir.
J’exploite la violence, la noirceur, pour dégager une certaine vérité, montrer l’importance des belles choses, comme la confiance en soi, les valeurs, la famille, l’amitié, l’amour…
Comment procédez-vous lorsque vous écrivez un livre ? Avez-vous une routine d'écriture ou des rituels particuliers ?
J’écris en trois étapes. La première consiste à m’imprégner de l’ambiance et à rédiger un maximum de notes pour agrémenter ma future œuvre. La deuxième, c’est de détailler l’histoire, les personnages, cibler les recherches (élaborer un plan). La troisième, c’est de laisser « libre cours » à mon imagination, écrire au fur et à mesure, m’étonner moi-même, relâcher mon esprit et vivre / découvrir ma propre histoire. Sans toutefois sortir des grandes lignes notées au préalable. Ainsi, je me fais plaisir tout en suivant un fil conducteur important pour l’intrigue.
Enfin, je rajouterais que j’aime écrire au calme, seul dans mon bureau, souvent avec un fond de musique (classique, metal, epic, emotional…).
Au-delà du premier jet, je peux tout à fait me relire, corriger, améliorer mon texte n’importe où (un hôtel en Thaïlande, un café à Paris, dans la nature…).
Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en tant qu’auteur et comment les surmontez-vous ?
Déjà, j’avoue avoir la chance de ne pas connaître le syndrome de la page blanche :-)
Le plus difficile, pour moi, c’est de trouver le temps et la concentration. Entre le travail, le sport, la vie sociale, familiale, les obligations... les journées sont terriblement courtes.
Mais je tiens bon, quitte à réduire la quantité (antonyme de qualité), sans trop me forcer, même si j’essaie de rester régulier. Je trouve toujours un moment pour savourer ma passion de l’écriture, qui est l’un de mes grands exutoires. Puis je pense à mes lecteurs, pour qui je veux me donner à fond !
« Poussières entassées font montagne » (proverbe japonais).
« La persévérance vient à bout de tout » (proverbe français).
Y a-t-il des auteurs ou des livres qui ont eu une influence particulière sur vous et votre travail ?
Oh oui ! Comme tous les auteurs, je suppose.
Je mentionne en priorité Guy de Maupassant ; j’ai découvert les nouvelles via ses œuvres et il a fait naître en moi la flamme de la littérature (ainsi que Mr. Castex, qui était l'un de mes instituteurs).
Pour le côté dark et poétique à la fois, je cite Sire Cédric (maintenant nommé Cédric Sire), un écrivain toulousain que j’ai rencontré à l’un de ses concerts et celui qui m’aura fait ma première dédicace ^^
Je suis également influencé spirituellement par de grands noms tels que Paolo Coelho, Don Miguel Ruiz, même des philosophes…
Plus récemment, j’accroche beaucoup à des génies du thriller comme Karine Giebel.
Les comic books ont aussi leur implication avec leur penchant héroïque, du moins le principe de ne jamais renoncer au nom de la « justice » ou de l’amour.
Comment choisissez-vous les titres de vos livres ?
Quelle signification et quel lien ont-il avec l'histoire que vous racontez ?
J’aime qu’ils soient parlant, un poil mystérieux, suscitant une émotion.
Ils surgissent à deux moments : soit avant même de commencer à écrire le manuscrit, soit seulement une fois ce dernier achevé.
Ensuite, j'en parle à la maison d'édition, en qui je fais confiance pour déterminer la pertinence de mon titre en fonction de mon histoire et s'il est suffisamment accrocheur.
Pouvez-vous partager avec nous une anecdote intéressante ou un moment marquant de votre carrière d’auteur ?
Souvent, les noms que je choisis pour mes personnages ont une signification, que ce soit par leur étymologie ou parce qu’ils correspondent à des gens que je connais vraiment ; une sorte de dédicace ^^
Quant aux moments marquants en tant qu’auteur, il y a : mon premier salon / ma première dédicace ; le fait d’avoir tenu mon premier livre dans les mains (concrétisation d’un rêve depuis gamin !) ; et lorsque j’ai tapé, au terme de ma première œuvre, le mot "FIN".
Comment pensez-vous que la littérature peut influencer les lecteurs et la société en général ?
La littérature a toujours influencé les gens. Dans la religion, on parle d’ailleurs de textes sacrés !
Je m’efforce d’écrire de la fiction pour divertir, mais quand il s’agit de faits réels (historiques, scientifiques…), je fais des recherches pour être sûr des informations que je donne. Je ne veux pas que mes livres ressemblent à la « boîte à troubadour », où infos et intox se mélangent et circulent en masse…
En tout cas, je pense qu’un livre influencera beaucoup les lecteurs s’il est pertinent et s’il fait autant voyager que réfléchir. Évasion et réflexion sont mes maîtres-mots.
Merci beaucoup pour cette interview :-)
Interview de Kevin Delavy
par Kevin Martinez de l'Association Elkir.
